fbpx
Slide bascule

A PROPOS

C’est l’histoire d’une passionnée, d’une collectionneuse, d’une amoureuse des beaux objets. L’histoire d’une amatrice d’Art qui écumait salons, brocantes et galeries à la recherche de l’objet unique. Celui qui lui raconterait la plus belle histoire. Mais avant cela, c’est surtout l’histoire d’une petite fille rêveuse et aventurière qui passait ses vacances scolaires à chiner en cachette dans le grenier poussiéreux de sa grand mère. De toutes ces découvertes est née une passion pour la chine et la décoration.
Après une première vie dans le secteur de la lingerie fine, Sandrine a fait le pari d’un avenir plus créatif. Né du besoin de partager sa culture et son regard sur l’esthétique et le savoir-faire artistique. De partager aussi son admiration pour l’oeuvre, la matière et ceux qui la travaillent.

Les abysses : L’endroit le plus précieux

Ensemble. Avant même l’objet, elles s’imaginent ensemble. Sans même savoir où elles vont, elle font. Leurs techniques se complètent, les matières s’associent et des envies se répondent.

Julia Gruber et Olivia Pellerin ont créé Abysse. Le paradis en série au plus profond de la terre. On pourrait analyser, réfléchir aux techniques choisies, étudier et retrouver l’historique des matières. Parce que, oui, la porcelaine est nommée – par erreur – en référence au coquillage cypraea dont les italiens la croyaient extraite. Sachant cela, le lien est fait, il est même parfaitement cohérent.

Les références aux coraux, l’anémone de mer, les roches et même le nom donné à la collection Abysse sonnent juste. On peut aussi décortiquer les pièces et trouver « intéressante » l’opposition du brut et des perles lumineuses et précieuses.

Simplement une rencontre

Pourtant, en écoutant Olivia Pellerin et Julia Gruber, le regard sur leurs créations s’ajuste. Avant même la haute-beauté précise et précieuse, vient la simplicité d’une rencontre.
Toutes deux sont d’abord designers, formées à une démarche simple : répondre à un cahier des charges. La première des conditions est largement cochée : l’envie commune.
Une envie très forte, après le coup de cœur pas seulement artistique.  » Simplement travailler ensemble et se sentir connectées, et puis confronter nos techniques et faire cohabiter nos savoir- faire. »

L’admiration est partagée et les inspirations communiquent : la nature, le minéral, l’organique et le monde aquatique. Des termes aussi : imaginaire, onirique, fantastique, poétique. Olivia reconnait qu’il n’y a  » aucune logique précise dans la méthode « . Par contre, un même point de départ et une direction commune.

Puisque, sans aucun doute, elles veulent créer ensemble, elles collaborent « sans pression ». Elles échangent et testent, chacune avec sa matière et ses techniques artisanales.
Olivia, toulousaine depuis peu, travaille la céramique, et dans cette grande famille des terres cuites, surtout la porcelaine, qui se différencie des autres par la présence de kaolin.
Comme on lui a appris à la Manufacture de Sèvres, elle pratique, entre autres techniques, l’estampage et le pastillage. Sa matière première, ce sont ses pains de terre de 10 kg. Ensuite, « je fais simplement comme je peux, comme je connais et avec ce que je sais faire ». Et surtout avec d’autres parce que ce que veut constamment Olivia, c’est créer du lien, se nourrir de ses collaborations.

L’inverse parfait de son activité précédente, elle était spécialisée dans l’architecture commerciale pour des surfaces de vente. Le stage offert à Sèvres par des amis qui la connaissent bien a « changé {sa} vie ». Aujourd’hui, elle n’est « ni artisan, ni artiste, simplement une designer dont l’outil principal est la terre ».

Julia Gruber, elle, se considère comme « une artiste qui utilise des techniques artisanales ». Son art, c’est la création de pièces uniques. Ses techniques d’ennoblissement textile : la broderie, la plume, la teinture textile, le crochet ou encore le macramé.

Olivia et elle se laissent guider par la matière. Pour leur série Abysse, elles se sont attardées sur les couleurs. Il ne fallait rien s’imposer et surtout garder leur fonctionnement intuitif.
Et puis, « progressivement, à force d’échanges et d’essais, des échantillons sont nés ».
Le résultat est hybride, moins « pratique » que les pièces gourmandes qu’Olivia créée pour ses partenaires pâtissiers. Des pièces uniques plus proches de celles exposées dans les galeries qu’il va « finalement falloir aller démarcher ».

Comme un abysse ?

Le résultat est inattendu mais bien féérique et brut.

Dans l’endroit le plus profond de la planète, la lumière des espèces organiques contraste avec l’obscurité ambiante. Et ici, comme si la nature reprenait ses droits, l’œuvre est précise, le détail pertinent, justement placé, aucun hasard. Les formes, les teintes sont délicates, parfaitement assemblées. Même un jaune fluo devient doux, il est à sa place. Chaque pièce est une reproduction de la nature, « sans images réelles pourtant ».

De la porcelaine, du cuir, des perles, du verre, les matières sont nobles et précieuses. Leurs techniques restent secrètes et c’est très bien ainsi. De véritables œuvres naturelles finalement. La suite viendra, encore inconnue elle aussi.

Choisir l’abysse pour susciter la rencontre et créer un lien, ce serait ça l’audace.

Laisser un commentaire