Coup de ❤️ | Paulina Okurowska

Les nuances de l’ardoise

Sur le salon Maison&Objet, son arbre avait la majesté d’une nuit étoilée. Du noir-gris vibrant.

La mosaïste contemporaine, Paulina Okurowska, a trouvé sa matière minérale idéale.

« Plastiquement très intéressante » parce qu’à la fois fine et solide, plate et résistante, l’ardoise se récupère facilement. Paulina l’aime rouillée, avec le lichen encore bien accroché. Dans l’atelier, l’artisan cassera elle-même les morceaux pour raconter ses impressions, ses « choses du moment ».

Associée à la pâte de verre, la pierre répond aux envies d’architecture et d’organique de Paulina. La créatrice anime des tableaux abstraits ou monte des tours qu’elle met parfois sous cloche. Elle raconte en relief, fascinée par la répétition à l’infini des cellules et petites particules. La mosaïste accumule les matières pour créer des « petits mondes fantastiques à préserver. Comme si je faisais pousser un souvenir, je lui rends hommage et le fais vivre. Je déplie la pierre. »

Crédit Photo © Web Vision 360
Paulina Okurowska : Mosaïste
Paulina Okurowska : Mosaïste
Paulina Okurowska : Mosaïste

L’ardoise a déjà vécu, elle l’aide à dire

Les nuances et contrastes de l’ardoise sont déjà riches, suffisamment bavards pour permettre à Paulina d’éviter le kitch des couleurs.

Progressivement, la mosaïste élargit sa gamme : elle fixe des feuilles, des poils, de la plume ou des écailles sur ses supports. En fonction de ses envies de volume, elle travaillera sur le métal, le polystyrène expansé ou le béton. Et en fonction du moment, ce sont des « paysages Ardographein » ou des bas-reliefs qu’elle compose.

Des variations nécessaires pour une créatrice avide de nouvelles matières à travailler.

Sur le salon, on l’a aimée. Corner Art compte bien la suivre pour s’étonner encore de voir la nature entrer.

écrit par Anne-Charlotte Caulliez