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A PROPOS

C’est l’histoire d’une passionnée, d’une collectionneuse, d’une amoureuse des beaux objets. L’histoire d’une amatrice d’Art qui écumait salons, brocantes et galeries à la recherche de l’objet unique. Celui qui lui raconterait la plus belle histoire. Mais avant cela, c’est surtout l’histoire d’une petite fille rêveuse et aventurière qui passait ses vacances scolaires à chiner en cachette dans le grenier poussiéreux de sa grand mère. De toutes ces découvertes est née une passion pour la chine et la décoration.
Après une première vie dans le secteur de la lingerie fine, Sandrine a fait le pari d’un avenir plus créatif. Né du besoin de partager sa culture et son regard sur l’esthétique et le savoir-faire artistique. De partager aussi son admiration pour l’oeuvre, la matière et ceux qui la travaillent.

L’expérimentation ne promet rien. Elle est le point de départ mais peut ne mener à rien. Ou à rien de très construit. Il faut une sacrée dose de constance, de cohérence et de persévérance pour que ça prenne. Comme le nécessaire des filles, qui a l’air d’être pris dans la résine dans son Grand cabas de fille. Hélène, elle, n’a pas que l’air d’être douce, inspirée et consciente. Elle l’est. On n’a pas ce regard ouvert et curieux sans raison.

Hélène n’hésite pas une seconde, elle parle elle-même de « ce besoin vital de créer », de « conviction profonde ». Elle a l’image et la voix dynamique de celle qui veut et qui essaie. De celle qui décide, avec engagement, appétit et application.

Petits arrangements

Les maquettes en 3D de ses études d’architecture lui ont donné le pli de l’utilisation des bouts de ficelle et du papier. Faire avec ce que l’on a, avec ce qui est. Le début du détournement pour « concrétiser une idée ». « Prendre le temps de bien regarder une matière, de trouver comment l’utiliser autrement ».

C’est comme ça qu’est arrivé le premier prospectus, la première accumulation de ces « matériaux de rebus ». Parce que le projet n’est surtout pas de dénaturer quoi que ce soit, Hélène se raconte avec la pureté de son ambition. Elle reconnait que son intention première n’était pas vraiment écologique. Démarche strictement artistique donc. Et, sincère, elle insiste : la question du budget aussi l’a influencée.

Jusqu’au bout

Ce sont ses propres mots, Hélène Siellez veut, chaque fois, « aller jusqu’au bout ». Si une nouvelle lue lui parle particulièrement, une œuvre suivra « en hommage ». Une phrase lui plait, elle la note sur un post-it et l’affiche là où elle travaille. C’est aussi son lieu de vie « pour l’instant », elle n’a pas attendu de s’installer dans son atelier pour avancer. Comme un mantra, la phrase lui impose une règle : faire voyager l’œil. C’est déjà ce qu’elle aurait fait probablement, en architecture. Ces études-là, elle les a arrêtées pour garder l’art appliqué et le design d’espace.

Le relief est toujours là. Celui qu’elle donne aujourd’hui à ces créations prend parfois la forme de l’homme. Une « envie de mouvement » et du « thème de la corporéité », ce corps objectif qui inscrit l’homme dans le monde. Homme ou femme, ça n’a pas d’importance. Hélène veut justement n’y mettre aucune idée de genre ou de sexe. Réfléchi et cohérent.

Dans un café, par exemple, elle croque pour trouver les mouvements et les gestes. Viennent ensuite les moulages sur des sculptures d’argile ou sur modèle, directement.

Les bandes de plâtre, c’est parfois sur elle qu’elle les applique. Elle a même envie de mouler son visage chaque année. Ce serait comme mouler l’évolution, de quoi regarder le temps.

Décaler le quotidien

Sa première exposition était collective, « Regarde le quotidien ». Hélène s’est laissée inspirer par une nouvelle de Jacqueline Remy, sur le « mystère féminin » : Le Grand cabas de fille. Elle y a vu le paradoxe : « Plus la femme est émancipée, plus elle a de choses dans son sac ».

La récolte commence. Des jeunes femmes de son âge, 25 ans environ, la fournissent en matières premières. Elles ouvrent leur sac et libèrent rouges à lèvres, papiers et paquets de cigarettes.

Tous ces objets récoltés sont insérés dans les prospectus. Hélène les « fige à un instant » et la matière devient « quasiment organique ».

Sa démarche ira plus loin. C’est déjà en projet, elle renouvellera l’opération. Elle donne rendez-vous à ces sacs de filles tous les 10 ans pour exposer ces contenus forcément bien différents. Elle a la curiosité productive, la pertinence obstinée. Une façon aussi « d’ouvrir à l’homme un peu de notre intimité ». L’aventure ne fait que commencer. Et elle durera une vie.

Pliages et collages

Des prospectus collectés dans les halls d’immeubles souvent, Hélène tire son nuancier. Elle prend soin de trier les grammages et les couleurs pour « créer un chemin visuel pour le spectateur ». Elle s’attarde sur les textes, les photos et les mots qui lui permettront de raconter une histoire à ceux qui voudront bien s’approcher de l’œuvre.

Pour une nouvelle série, ce sont d’autres histoires qu’elle raconte, avec les couvertures de magazines restantes. Cette fois, c’est du « paysage supposé ».

Hélène invente aussi des histoires avec les enfants. Dans ses ateliers, à Cancale, elle leur parle environnement et architecture et créé avec eux des fresques autour de la mer. Elle « adore, ils sont sans filtre ». La preuve : le bateau Banana Split existe aujourd’hui.

Hélène voit bien qu’avec l’âge, on ose moins la créativité. Elle voudrait leur éviter de « se fermer à une certaine liberté de l’imaginaire ».

Expérimenter, toujours

Née à Valenciennes, Hélène, toute petite, est devenue bretonne. Son environnement, c’est donc aussi l’océan et la Route du Rhum à laquelle elle a pu participer, à sa manière. La ville de Saint Malo lui a commandé les trophées de l’édition 2018. Il a fallu apprendre à travailler le bois en quelques mois. Là encore, c’était nouveau. Là encore, l’assurance rassurante de ne « pas se lasser ». Six trophées à rendre en quatre mois : les imaginer, adapter la technique à l’envie et les réaliser. Son projet arrêté, elle a fait. Hélène voulait une vraie sculpture, « quelque chose de très minimaliste, dans la symbolique de l’homme et de la mer ». Cette fois, la démarche était différente, mais l’expérimentation constante bien là.

A suivre. Patience.