Slide bascule

Corner Art, La plateforme de référencement des artistes et artisans français

C’est l’histoire d’une passionnée, d’une collectionneuse, d’une amoureuse des beaux objets. L’histoire d’une amatrice d’Art qui écumait salons, brocantes et galeries à la recherche de l’objet unique. Celui qui lui raconterait la plus belle histoire. Mais avant cela, c’est surtout l’histoire d’une petite fille rêveuse et aventurière qui passait ses vacances scolaires à chiner en cachette dans le grenier poussiéreux de sa grand mère. De toutes ces découvertes est née une passion pour la chine et la décoration.
Après une première vie dans le secteur de la lingerie fine, Sandrine a fait le pari d’un avenir plus créatif. Né du besoin de partager sa culture et son regard sur l’esthétique et le savoir-faire artistique. De partager aussi son admiration pour l’oeuvre, la matière et ceux qui la travaillent.

J+4

Une matière. Une pièce. Et après ?

Dans l’atelier, l’artisan est seul le plus souvent. C’est son repère, une grotte et un cocon. Les artisans collaborent aussi pour tromper cette solitude, à la fois précieuse et inconfortable. Une ancienne « golden girl » a dû apprivoiser l’atelier. Marie Juge s’est fait une place sur les salons en donnant du style à la terre. Elle sculpte des silhouettes énigmatiques, colossales par la matière et délicates par leur parure.

On est touché, oui. Souvent « sans trop savoir pourquoi ». C’est – au choix – pour l’arrondi, le contraste, la nostalgie, la complexité du geste et souvent aussi, pour ce que l’on imagine derrière l’oeuvre, ce qu’elle pourrait bien révéler de son auteur.
Pourtant, le créateur peut, lui aussi, déclarer ne « pas vraiment expliquer » ses choix ou le pourquoi de son oeuvre. Il préfère parfois se laisser guider par la matière et la magie de l’inconnu.

Le raku, notamment, parle de cette intervention extérieure. De cette envie de laisser faire. Pratiquer ce mode de cuisson, procédé ancestral japonais, est un choix, forcément. Le céramiste laisse agir les flammes et l’enfumage.

Quatrième jour de l’après Maison&Objet de janvier 2020 pour Marie Juge

C’est ce jeu avec les émaux qui termine les modèles de Marie Juge. C’est même pour cette technique – et uniquement celle-ci – qu’elle est entrée dans le monde de la création.
Par hasard(s). Ceux de la vie.

Marie aime la sculpture pour son volume, le noir et blanc pour le contraste et la mode pour les effets de matière. Les dames de feu de Marie Juge nous parlent de Soulages et de Madame Grès. Cette styliste, reconnue pour « transformer le corps de la femme en déesse », a eu une phrase qui, forcément, résonne chez Marie : « Je voulais être sculpteur. Pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre ».

Marie, elle, a choisi la terre. A la deuxième cuisson, les émaux viennent craqueler ou noircir les tenues de ses dames. Le feu précise la silhouette. Celle-ci mesure 70 cm. Elle est charismatique et porte le nom de sa terre : Grès.

Marie Juge dessine ses collections comme une styliste le ferait. Seuls les matières et les outils diffèrent.

Les collaborations enrichissent, c’est dans cette direction qu’elle ira de plus en plus souvent.

Elle a déjà travaillé la dentelle avec la brodeuse d’art Kyoto Siugara et l’ardoise avec la mosaïste Véronique Darcon- Cazes.

Très bientôt, la fresque à la chaux habillera ses sculptures.
Aller plus loin, avec d’autres.

Crédit photo © Web Vision 360