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A PROPOS

C’est l’histoire d’une passionnée, d’une collectionneuse, d’une amoureuse des beaux objets. L’histoire d’une amatrice d’Art qui écumait salons, brocantes et galeries à la recherche de l’objet unique. Celui qui lui raconterait la plus belle histoire. Mais avant cela, c’est surtout l’histoire d’une petite fille rêveuse et aventurière qui passait ses vacances scolaires à chiner en cachette dans le grenier poussiéreux de sa grand mère. De toutes ces découvertes est née une passion pour la chine et la décoration.
Après une première vie dans le secteur de la lingerie fine, Sandrine a fait le pari d’un avenir plus créatif. Né du besoin de partager sa culture et son regard sur l’esthétique et le savoir-faire artistique. De partager aussi son admiration pour l’oeuvre, la matière et ceux qui la travaillent.

Découvrir la pratique du Raku, c’est déstabilisant, étonnant et étrangement apaisant.
Pour la comprendre, il faut accepter qu’un objet, à lui seul, puisse tant dire, tant porter.

Nadja La Ganza vivait en Australie lorsqu’elle a rencontré le Raku. Ce que l’on comprend vite, c’est que dans sa vie, ce qui, a priori, pourrait s’opposer est en fait parfaitement cohérent. Nadja a été mannequin puis photographe dans les milieux de la mode et de la publicité. Monde de l’image, de l’esthétique, jugé parfois léger, voire superficiel. Et non ! Nadja pense l’image comme un « témoignage du temps », sa façon de « cristalliser le moment d’émotion qui n’existera plus ». Aujourd’hui encore, chaque jour, elle photographie, c’est son « expression quotidienne ». Elle parle de cette avidité-là. Du besoin, ou de l’envie très forte, d’observer. Et, ensuite, de « mettre en scène ». C’est là qu’est le premier parallèle avec sa pratique du Raku. Nadja, en découvrant le modelage, a fortiori cette technique bien particulière, a d’abord enrichi sa palette. A l’époque, déjà, elle dessinait aux pastels gras. Aux Beaux-Arts de Sydney, elle continue et étudie la gravure et la peinture. Son goût des couleurs l’a mené à cette nouvelle expérience de la céramique. Elle l’étudie pendant 6 ans et s’aventure là où « la terre rouge, rugueuse » alimente encore son envie constante de contemplation, de matière minérale et d’expérimentation.

Ue sacrée place. Une place sacrée.

Nadja laisse donc la céramique s’installer dans sa vie. Aujourd’hui, elle « jongle » entre toutes ces pratiques qui se répondent et « s’interpénètrent ». Ce sont des univers parallèles, parfois des duos inattendus.

Le rapport qui se noue avec la terre modelée est « physique et sensuel ». Il manquait à l’artiste multiple cette « dimension corporelle ». Choisir cette technique de cuisson, c’est s’embarquer entièrement dans ce qu’elle recèle. Nadja n’a rien dû accepter, disons plutôt qu’elle a répondu. Elle était déjà Raku, sûrement.

 

« Le chemin de liberté qui précède toute création »

Difficile de ne pas ébrécher ou atténuer la puissance du Raku en essayant de le présenter ici. Nadja La Ganza devra vous le raconter, vous montrer et vous devrez toucher. Citons, pour preuve, le fondateur du style et initiateur de la technique, Sen No Rikyù : « Que le cœur qui veut entrer dans cette voie soit votre seul maître ». Le Raku est tout à la fois un style, une technique, une pratique, une culture, un état d’esprit, un mode de vie et un mode de pensée. On est Raku.

Et chaque pièce est une partie visible de l’esprit du créateur. Des pièces uniques donc.

Le bol, « lieu de rencontre, d’expression et de contemplation »

Prenons le bol, c’est l’élément fondamental de cette culture née au Japon au XVIème siècle. Intimement liée à la Cérémonie du thé, cette technique de cuisson rapide de pièces céramiques émaillées est mise au point tant pour offrir un contenant aux moines avant la méditation que pour exprimer une certaine quête spirituelle. Sorte de démonstration de la fragilité de l’équilibre et de la puissance de l’instant et de la nature. La pratique sensible du Raku est indissociable du concept esthétique que l’on résumera en « beauté de l’imperfection ».

Ce sont ces imperfections que Nadja La Ganza aime tant. Les « accidents », ce sont ses « tripes » et ses « sens ». Chaque pièce est façonnée à la main et non au tour. Les objets sont marqués pour toujours par les doigts de Nadja, elle nous offre son intimité.

« C’est clairement quelque chose d’intériorisé qui prend forme ». Elle ose, forcément, parler « d’inconscient, de traumas, de cheminement psychanalytique ». Sa façon à elle de « se révéler et révéler les contrastes obscurs ». Mais on y voit et on y met ce que l’on veut, au minimum une certaine « fluidité poétique ».

Provoquer la rencontre

Dans son Raku moderne, elle explore la fusion, « l’interaction des émaux entre eux ».

Parce que, concrètement, les pièces sont sorties très chaudes du four et plongées dans de la sciure. C’est ce mode de cuisson avec enfumage, avec ses réactions chimiques, qui terminent l’objet. C’est là qu’est le mystère et sûrement aussi l’acceptation dont devra faire preuve Nadja en acceptant ce qu’elle aura elle-même provoqué.

La singularité de ses objets, tant utilitaires qu’objets d’art, vient de sa capacité à « casser les limites ». « Probablement, ma formation australienne a influencé ma façon de m’exprimer en céramique ».

Elle contemple l’intime, comme pour atteindre la source fragile et puissante de l’âme.

L’harmonie en galerie

Le plaisir de Nadja est, toujours et partout, le même. Elle veut créer des liens.
Son temps est aussi celui des autres, ceux à qui elle apprend à modeler la terre. C’est un « gagne-pain » certes, mais sans aucun doute aussi la promesse de partages.
Il y a quelques années, c’est en créant la Biennale de céramique contemporaine en Vexin qu’elle provoque encore les rencontres. Et ça prend. Rendez-vous en 2020 pour la 4ème édition !

En septembre 2018, elle ouvre sa galerie T Room, place de l’Ecu à la Roche-Guyon. On y découvre ses créations et ceux d’autres artistes. Elle veut offrir de la visibilité. Le gite et le couvert aussi. Les curieux de passage viennent, entre autres, pour y prendre le thé.

« Je vois bien que les visiteurs sont comme énergisés par la rencontre avec l’endroit.

C’est une vraie maison, propice à l’intimité ».

Là aussi, Nadja laisse la place à l’inconnu et aux réactions.

Il s’y passe des choses, paraît-il…

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