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A PROPOS

C’est l’histoire d’une passionnée, d’une collectionneuse, d’une amoureuse des beaux objets. L’histoire d’une amatrice d’Art qui écumait salons, brocantes et galeries à la recherche de l’objet unique. Celui qui lui raconterait la plus belle histoire. Mais avant cela, c’est surtout l’histoire d’une petite fille rêveuse et aventurière qui passait ses vacances scolaires à chiner en cachette dans le grenier poussiéreux de sa grand mère. De toutes ces découvertes est née une passion pour la chine et la décoration.
Après une première vie dans le secteur de la lingerie fine, Sandrine a fait le pari d’un avenir plus créatif. Né du besoin de partager sa culture et son regard sur l’esthétique et le savoir-faire artistique. De partager aussi son admiration pour l’oeuvre, la matière et ceux qui la travaillent.

L’apprentissage de la terre

A 18 ans, Sandrine touche pour la première fois l’argile et la trouve capricieuse. Leur histoire n’a rien d’une évidence. Un joli quelque chose d’une histoire de famille peut-être. Pas à pas, ou main dans la main, leur relation s’est construite.

Désormais, la céramiste voit son métier comme « un cadeau » reçu dans un musée. Une véritable rencontre, comme celles qui nous forgent. Les effets de texture, les techniques et les outils viennent en cherchant dans la nature et ailleurs.

Ses créations de porcelaine portent les marques de la vie.

La mémoire du blanc

Petite, Sandrine regardait son père, plâtrier, travailler. Lui aussi avait son blanc et ses outils.

« Ce travail de la terre, de la texture doit venir de là, de façon détournée ».
Il aura fallu du temps pour qu’elle y revienne. Des années d’études, un Bac+5 pour « sortir du milieu ouvrier » sur le conseil bienveillant de son père. Et des missions de chargée de communication à Paris au quotidien lourd, trop éloigné de sa Bretagne natale et de la nature.

Elle finit par mettre les mains dans la matière ». Rien à réparer réellement, sûrement davantage à retrouver. Une envie de quiétude ou d’équilibre d’abord, « la terre invite à se poser ». Le souvenir, aussi, d’une petite fille coulant du plâtre avec son père avant de peindre les moules.

« Ca s’est ancré en moi probablement. Et c’est revenu. » Par choix, de la plus jolie des manières.

« On cherche toute notre vie »

Sa vie d’aujourd’hui est venue par étapes. Un jour, dans un musée, le travail de la terre exposé réveille les envies de gestes. Petite, avec ses parents, elle avait un secret : elle peignait. A l’aquarelle d’abord, puis à l’huile pour assouvir son « besoin de matière ». Il manquait encore quelque chose, de quoi toucher, texturer, ou apporter de « la 3D ». Sandrine veut apprendre en continu, c’est son moteur. Elle réalise que comprendre vraiment la terre, ses modes de cuisson et de décor pourrait bien lui prendre toute une vie. Parfait !

Sandrine apprend, se fait une place, découvre un « autre monde ». Elle entrevoit, étonnée, la même lourdeur administrative, les cases dans lesquelles on cherche aussi à la « ranger ». En échange de services rendus, une céramiste lui prête son atelier, elle y expérimente diverses techniques. Elle se forme pour ne pas faire n’importe quoi, la terre peut facilement fissurer ou casser. C’est le propre de la matière : à la fois fragile et incroyablement solide. « Comme la libellule. »

« La vie n’est pas plate »

La céramique est riche, elle permet de créer du volume, du relief avec les aplats et les effets de texture. Sandrine a commencé avec la faïence puis le grès. « Peu de céramistes se diversifient » mais Sandrine assume jusqu’au bout ces changements, « avec tous les risques qu’ils comportent ». C’est une petite révolution dans son nouveau monde : elle choisit finalement la porcelaine. Sa famille la soutient, c’est aussi sa force. Et puis, c’est cohérent : la porcelaine révèle son envie de pureté et de créations personnelles. Désormais, elle ne forme plus d’aspirants céramistes, il lui faut limiter les dispersions pour développer son propre univers.

Une certaine philosophie de la terre

Consciemment, la créatrice choisit ses techniques, comme ses supports qu’elle imagine de plus en plus grands. Elle n’utilise ni moule, ni pâte liquide, elle estampe la terre. Certains de ses panneaux sont encadrés, d’autres non. Sandrine ne veut rien imposer aux regards, et surtout pas de limites.

Elle aussi fait ce dont elle a envie : des coupelles, des abats-jours ou des objets du quotidien qu’elle répare. Par jeu, par défi technique ou juste pour le plaisir.
Sa seule règle : aller au coeur de la matière, entièrement. Elle tient à cette relation, c’est « un travail à deux, je suis bloquée si je ne connais pas ma terre. ». La céramiste décortique, regarde de près la Nature, qu’elle soit végétale, animale ou humaine. Elle s’émerveille et la porcelaine devient son médium : « à travers cet infiniment petit, on peut imaginer l’infiniment grand ». Autant que possible, en tout cas…

Par son matériau, purement naturel, Sandrine veut transmettre sa relation au monde. Elle met en scène notre lien à tous, à l’autre, aux arbres ou à la libellule aussi, forte et délicate.

Le souvenir de l’empreinte

Plus la terre est fine, plus elle montre « la fragilité de la vie ». C’est cette énergie que les pièces de Sandrine évoquent. Elle crée des symboles, blancs, purs, parfois discrètement dorés, juste par touches. La céramiste regarde le quotidien et le retranscrit avec les outils qu’elle trouve autour d’elle. Un morceau de bois taillé ou une noix de coco étonnante impriment sa terre et y laissent des effets qu’elle aime. Jamais de tampon, tout est fait à la main. Il le faut, « la terre ne réagit jamais de la même façon ». Ce sont des rencontres, comme celles qui marquent notre vie, qui nous font évoluer et changer notre vision des choses.

Pas de lumière sans ombre

« Pour bien voir une chose, il vous faut toucher à son contraire. Par l’ombre, vous allez à la lumière… », Sandrine cite Christian Bobin. Parce que c’est « ce qui anime le monde », elle donne du relief à sa terre par l’amoncellement de pièces. D’abord figés, ses tableaux prennent de l’élan et s’animent. « Le blanc attire l’oeil et l’ombre l’élève ». Elle aime ces jeux d’ombres nécessaires à la lumière.

C’est comme donner au blanc un « autre visage ».